Le 28 juin, nous quittons nos villages pour partir en direction du nord, le pays des Kabiyés. À bord de la camionnette d’Alfa, nous sillonnons pendant plus de cinq heures les grandes du routes du Togo. Dehors, la Région des plateaux marquée par ses collines verdoyantes laisse graduellement place à de vastes plaines parsemées d’arbres épars.
Nous logeons à Kara, troisième ville en importance au Togo après Lomé et Sokodé. Le lendemain de notre arrivée, nous reprenons la route pour une journée bien remplie.
En avant-midi, nous visitons d’abord une forge traditionnelle. Il faut le dire crûment : la technique utilisée n’est même pas comparable aux forges médiévales. Avec deux sacs en peau de chèvre, une femme pompe sans relâche l’air qui alimentera un feu de charbon. Une pièce de métal récupérée d’une vieille voiture commence à rougir à l’intérieur du combustible incandescent. Puis, le forgeron la retire du feu et un autre homme tape violemment sur la pièce avec un simple bloc de granit. Pendant trois heures, ils répéteront le processus pour enfin obtenir une tête de pelle qu’ils vendront 6000 FCFA (environ 15 dollars).
Après un bref passage dans un atelier de poterie, nous dirigeons vers la vallée des Tabermans. Dans la langue locale, « taberman » signifie maître forgeron. Les Tabermans ont construit à l’époque des premières colonisations africaines de véritables petits châteaux d’argile dotés de tourelles et de meurtrières. L’intrus qui s’aventure dans le portique du château est alors criblé de flèches venant du plafond et des murs. La construction servait aussi à se protéger des animaux sauvages (éléphants entre autres) qui affluaient autrefois dans cette région.
Ici, le concept de « Togo profond » prend un tout autre sens. En parcourant les routes du Nord, on découvre des villages traditionnels formés de petites huttes de terre au toit de paille. Le paysage de la vallée des Tabermans est à couper le souffle et semble sorti d’une autre univers. De vastes collines dominent des savanes magnifiques.
Cependant, les conditions de vie ici sont beaucoup plus difficiles que dans nos villages. La dispersion des villages isole les communautés qui ne vivent que d’une agriculture de subsistance. Sur le bord de la route, les enfants sont toujours souriants mais sont vêtus de loques et marchent pied nu. Certains ont le ventre gonflé typique des affamés.
Enfin, vers 16h00 nous nous rendons au Parc Sarakawa, une nouvelle réserve faunique au Nord du Togo. À bord d’un « pick-up flambant neu » nous avons sillonné le Parc pendant 1h30. Quelques découvertes : antilopes, gnous et zèbres.
Du 23 mai au 1er août, je serai au Togo, en Afrique de l'Ouest, pour un stage en développement durable organisé par Oxfam Québec.